Ce second jour de festival a commencé pour moi avec une courte rencontre musicale : DB Clifford, canadien sans accent, copie artistique conforme à Jamiroquai. Le côté provoc' en moins, pour avoir assisté à quelques unes des blagounettes du jeune homme, je ne peux m'empêcher de penser que les canadiens ont une sens de l'humour à part. Ou alors ce sont les français. Enfin. On n'est vraiment pas pareils.

Je zappe rapidement, même si c'est assez agréable pour commencer la journée et se décrasser les oreilles.

Louis XIV attend sur la grande scène et il y a encore assez peu de monde, j'ai donc une place de choix pour observer le spectacle assez assourdissant.
D'abord la bannière, effigie du roi éponyme, dans son jardin d'hiver, ça c'était fort.
Puis les avancées du leadsinger relayée par les grands écrans où sa silhouette se découpait dans le ciel bleu de saint-cloud, bordée par des arbres laissant aller leurs feuilles au vent.
Beau. C'était.
Bon. Aussi. La musique.
Pourtant le public ne s'enflamme pas.

Je suis ensuite un peu déçue par les jeunots de Brooklyn, futures "stars du rock français". Mwouais. Ben non. Quand on pense que les sélections Avant-Seine ont révélé des gens comme les Hushpuppies, Stuck in the sound, Neïmo ou Francy, ceux-ci ne relèvent pas à mon goût la comparaison.

Le chanteur n'est qu'une pâle copie de Johny Borell qui lui-même n'est qu'une pâle copie d'un grand n'importe quoi. Si le tout m'a assez ennuyé, une chanson a attiré mon attention : agglomération de petits bouts de gimmicks piqués à droite à gauche, je me suis insurgée très fort à son écoute. Pas retenu le titre. Pas envie de chercher. Passe mon tour.

Kate Nash est mignonne, mwoui. Elle fait des chansons pop qui restent dans la tête, mwoui. Mais en live : ça ne casse pas des briques. Le genre de fille qui devrait rester en radio, faire des showcase de temps en temps et basta. C'est mou du genou et ça prend la place de gens bien plus méritants.

Mon grand moment arrive : 20h05, les Raconteurs. Tout simplement magistral. Une leçon de Rock en live. J'ai été étonnée et étonnée d'être étonnée de ne pas m'être ennuyée pendant les instrumentaux. Ce qui est la base d'un groupe quand même. Pas un membre plus haut que l'autre, une répartition parfaite des talents et une mise en valeur intelligente par les choix de scène et de set. Un des meilleurs concerts de ma vie. J'ai très hâte de les revoir, un format plus long qu'en festival devrait être encore meilleur.

Puis il faut se dépêcher pour aller quérir les Justice sur la scène de la Cascade que je rebaptiserai mentalement "scène de la cagade" puisque rien ne servait de courir... En effet, ils n'apparaîtront que 45 minutes plus tard. Retard plus que suspect puisque premier de la saison. Certes le concert des raconteurs a pris 10 minutes de plus, mais ça n'explique rien.

Justice arrive et semble contenter leurs milliers de fans. Je reste sur ma faim. J'ai déjà vu bien mieux et surtout bien plus efficaces chez des petits dj sans prétention (à y réfléchir, un dj est toujours plein de prétention mais vous voyez le topo). La mise en scène est clean, ils savent maîtriser leur image c'est sûr. Mais celle-ci a pâti de leur retard et quand une panne technique glace tout le monde pendant deux à trois minutes c'est la fin de mes espoirs. Justice ouais... à la radio aussi alors. Et c'est dommage parce que c'est le genre de musique qui se prête à être écoutée avec 40 000 autres personnes.

Nous partons enfin d'un pas las mais tout de même vigoureux vers le concert d'... enfin de la tête d'affiche quoi. Rappelons qu'elle l'était déjà l'année dernière et avait annulé la veille de sa prestation. Cette année elle a fait mieux : elle a annulé trois quart d'heures avant. Ben oui. Faut bien entretenir le mythe.
Lorsque j'ai vu le panneau brandit par une pauvre fille dévouée à la cause annonçant qu'il n'y aurait pas de concert j'ai pensé que la seule excuse que je trouverai à l'autre loque serait sa mort. En fait non. Elle est en vie et à Londres, mais ça c'est le frontman de The Streets qui nous l'apprendra.

On est bien content qu'ils aient pu bénéficier de la grande scène les Streets, parce que ça leur va fort bien. La lumière, l'énergie, le son : tout était en place. Une fin de festival très intelligemment programmée (j'en connais à Evreux qui devraient s'inspirer...). Une vraie découverte en live, de la pertinence dans les propos. Les blagues lourdingues sur la grande absente de la soirée comprises.
Débarquer avec un éloquent "as you can see, I am not Amy Winehouse" et poursuivre par un "Excuse her, she's in London... smoking crack !", c'était beau.
Reprendre "Rehab" en fil rouge toute la soirée, aussi.

On avait tord de ne pas écouter DB clifford qui déclarait à 15h déjà "j'ai eu un coup de fil d'Amy, elle m'a dit que je pouvais la remplacer ce soir, donc on se dit pas au revoir", on avait tord de ne pas écouter Jack White braillant une blague toute aussi drôle mais intranscriptible.

Un rock en seine qui valait le coût... pour 50 euros et sans grands frais supplémentaires (sur place j'ai dépensé environ 8 euros par jours en boissons et nourriture, rien en déplacement et rien en hébergement), mais je comprends que beaucoup hurlent à la mort avec leurs 80 € pour les deux jours, leurs 20€ de camping (ou pire) et leurs billets de trains.

Je m'imaginais ce festival au dessus de tout ce que j'avais connu, mais je dois avouer qu'il n'arrive pas -cette année- à la cheville de l'édition 2005 du Rock dans tous ses états d'Evreux par exemple (ou même le 2006 d'ailleurs).

J'avais juré à tout le monde qu'on ne m'y verrait pas (surtout à cause de la choucroute) mais l'apparition de Carl&Co à l'affiche et un prix cassé m'ont forcée à bouger mes fesses, je ne regrette pas, mais objectivement, j'attendais mieux, beaucoup mieux.