29/04/09
Mirror Mirror / Ghinzu
Hum.
Soyons sérieux deux minutes, et objectifs trois secondes.
Ghinzu est sans doute le meilleur groupe de rock Belge, jusque là, je m'avance pas trop, et dans mes souvenirs, Ghinzu c'était aussi mon premier et plus violent pogo. Le fameux d'où ma chemise blanche est sortie rouge, et c'était pas de la sauce tomate.
Ils ont mis 4 ans à accoucher, quatre ans pendant lesquels ils ont fureté du côté de soundtrack (Irina Palm), de production d'autres groupes (Montevideo), ou encore de faisage d'enfants.
Et bien j'ose l'assumer et me faire détester par la même occasion mais OUI, quatre ans, à leurs âges qui commencent à être avancés, ça se voit. Ils se sont un peu ramolli, les mecs.
Non seulement l'album met trois longues chansons à démarrer, pardon, à décoller, d'ailleurs ils me donnent raison en ayant titré Mirror Mirror puisque c'est cette chanson qui envoie la purée.
Et quelle purée, si je puis me permettre. (Alors là, forcément, vous me trouvez vulgaire, mais ça, c'est parce que vous ne savez pas encore que la chanson parle assez explicitement de fellation, et que du coup, j'en suis encore pluuuuuus grossière)
(si si : Let me in, let me out / Swallow me slowly / I'm down in your throat / I can hear singing / I can hear you screaming your joy)
En même temps, John Stargasm est à peu près le seul homme sur terre qui saurait me convaincre en me disant juste "Won't you forget about yourself, forget the long way home, and try me, I'm beautiful"
Le triptyque de milieu d'album est donc nettement plus convaincant, à mon humble avis, que le début pour les fans de Blow (ah bah oui les allusions sexuelles, c'est un peu leur fond de commerce).
Dream Maker est construit comme un morceau de classique sur lequel on aurait posé des parties de rap et d'autres chantées.
Si si, c'est un peu la recette Bohemian Rhapsody, mais version Ghinzu, et moi j'applaudis des deux mains.
Au sujet de ce titre Stargasm déclare qu'après coup il pense qu'elle est sur la crise des subprimes. Et moi j'aime ça. Non, pas les subprimes, ni les crises, mais qu'un artiste reconnaisse que parfois il fait des trucs il sait pas pourquoi et qu'il ne comprend que bien plus tard ce que c'est.... (comme quand on fait des enfants, hein John, pour l'instant ça va, tu crois que c'est mignon, mais dans quelques temps, tu y verras plus clair...)
Mon coup de cœur The End Of The World, petit bijou de coq à l'âne, entre ballade surromantique exaltée comme j'adule, et vision profondément pessimiste de l'âme humaine pour finir en bouquet final sur un "fuck you aaaalll", une chanson pour gens à lunettes noires qui slapettent.
Merci Ghinzu. On vous retrouve, énervés, brusques et intelligents : ça valait le coup d'attendre quatre ans (et le plaisir est daaaans ? oui... bon, je la finirai un autre jour)
On voyage grâce à cette chanson sans déconner, on voit autant de paysages différents que d'émotions défiler : c'est un film.
This Light est dans la lignée de One shot Ballerina (Electronic Jacuzzi, premier album) et Sweet Love (Blow), autant dire que c'est du bon, mais que c'est très très calme. Piano Piano.
Et encore une fois, une certaine fatigue, voire une lassitude, transparait par tous les pores du titre, mais je voudrais pas être lourde, alors je n'accuserai pas une fois de plus le temps qui passe.
Ca m'étonnera toujours comment avec des paroles aussi couillonnes ils peuvent faire marcher à fond la caisse des gens hyper littéraires comme moi : "I'm gonna try to seize the sun / I'm gonna try to give you some", parfois on a l'impression qu'ils ont débauché l'auteur de Cold Play (ouhl'insulte). Heureusement qu'il y a une différence d'environ 1000% de charisme entre les deux groupes.
This Was is Silent est la petite soeur dark de Mirror Mirror, construite sur le même rythme lancinant, pas loin de rappeler le classique aussi, question paroles on retrouve des envolées de nawak puissamment jouissives dignes de Blow. "Why don't you let it fly / your glittering gut parts to the dawn / like a rainbow, a rocket doll / riding the catwalk / 'til the dawn" It's all right. ALL right.
Ensuite le dilemme Joy Success Happiness VS Je t'attendrai. La Belgique a l'honneur d'avoir une chanson française, sorte d'hommage de mec complétement torché à l'immense talent de Dalida, enregistré dans des conditions dont le groupe est loin de se souvenir, la France quant à elle, a droit à un erzatz de ce titre en anglais, nettement moins bandant, ajouterai-je, pour continuer sur la lancée. Autant vous dire que je vous conseille de vous munir d'un ami Belge (une bonne connaissance fera l'affaire...) afin de procéder à l'échange des deux MP3 (et vous gagnerez à l'import, promis). C'est Ovniesque et divin.
Ca me donne un nouveau but dans la vie : me bourrer la gueule avec John Stargasm, un jour.
Birds in my Head c'est un peu la bande son des patineurs artistiques quand ils ont un gros manque d'idée : du vide et des cris d'oiseaux. Les hénissements laissent place aux gazouillis, j'ai encore envie de dire... ça vieillit.
Heureusement les murmures sont encore une fois quasi oreillesques, fondamentalement oniriques et complètement Las Vegas Paranoiens. Donc je pardonne.
Dernière petite bombe et puis s'en va Kill the surfers est calibrée pour un live furibond. Et ça fucking marche.
Et quand John me dit "So come come on and get me baby goddess with your best wave !", j'ai vraiment l'impression qu'il a capté que le rock c'était 1) slapetter 2) essayer par tous les moyens de brancher toutes les meufs de l'univers tout en leur faisant croire qu'elles sont uniques (et dans uniques y'a... non rien) et 3) être au dessus de toute critique, trop barré, trop loin devant.
(Je ne parlerai pas de l'instrumentale, les instrumentaux c'est comme les animaux sans poils : ça me désintéresse.)
Sur ce bonne soirée, et peut-être à bientôt pour une review de deux concerts d'Iamx, mais alors, ça m'a tout l'air d'être une promesse bidon.
Toutes les (superbes) photos de cette note sont Copyright : John Doe
26/04/09
Soirée Rock&Beat - Printemps de Bourges 25/04/2009
Ca a commencé par une bonne surprise : l'organisation est tip top, à part la pluie, et le fait que Bourges ce soit vachement en province quand même, je n'ai rien à reprocher à ce festival (trop peu de toilettes, mais bon, lieu commun quoi, et pas de vestiaire, mais en même temps, je les voyais mal gérer ça, gros, gros bordel en perspective).
La soirée Rock&Beat c'était comme son nom l'indique un mélange de rock & d'électro, et la programmation était assez béton.
Deux salles à occuper : Le Phénix et le Palais d'Auron, mais votre envoyée spéciale ne fréquentera que la première, et pas seulement à cause de son nom chatoyant, aussi à cause du fait qu'on a jamais trouvé la seconde.
Non non c'est pas la lose internationale.
En même temps seule la prog' du Phénix m'intéressait.
Ca a commencé à 20h pile, ce qui est plutôt agréable, par Izia, une jeune chanteuse rock que je découvrais pour l'occasion. Jolie énergie, parfaite entrée en matière, un son qui tue qui laisse présager une belle nuit de concerts.
Puis levage de fesses des gradins (oui, j'avais un peu envie de me croire dans un stade et d'étonner "you'll never walk alone", mais je pense que l'assistance ne me l'aurait pas pardonné), pour Sporto Kantes, découverte également, même si je connaissais Whistle (comme tout le monde) et qu'ils sont loin d'être des petits nouveaux... et ça se sent !
C'est hyper bien rodé pour un groupe français, carré, les passages entre chansons françaises et anglaises ne choquent même pas, et petit plus, très très très bon clavier. Enfin j'dis ça, j'dis rien.
Puis les Ting Tings, ma déception de la soirée. Ca n'a pas mis le feu, en tout cas pas autant que ça aurait pu, c'était sans doute un peu trop lisse et calibré, mais c'est un peu le produit qu'ils proposent, malgré tout moment assez sympa, les chansons se laissent écouter sans marquer irrémédiablement l'oreille, mais est-ce vraiment ce qu'on attend d'eux ?
Puis, je me suis préparée, je suis dans les starting-block, et je couuuuuurre jusqu'au premier rang agripper la barrière et me préparer pour "l'homme qui murmure à l'oreille de mon ovaire gauche", càd John "grrrrrr" Stargasm et ses potes de Ghinzu.
Après une attente insoluble (première et quasi dernière de la soirée), le monsieur daigne se pointer, met dix plombes à s'installer, et commence en mode pépère. Si Mother Allegra sonne très bien dans le chapiteau, on aurait aimé un départ en flamme : au lieu de ça, ils accumulent les instrumentaux (LE truc sur lequel il vaut mieux pas insister en début de concert quand t'as que 40 minutes devant toi), très petite forme.
Et puis le monsieur se lève, et ça change tout, j'ai envie de dire.
Une fois ses fesses décollées du clavier il se les fait allègrement tripoter par un roadie barbu, fou rire dans le micro mais je pense que les premiers rangs sont les seuls à avoir pu remarquer ce qui se passe.
Son pantalon de scène est complètement déchiré et rapiécé à l'arrache avec du gros scotch noir, or ça a lâché au niveau des fesses, et au bout d'un moment il oubliera sa fierté et sortira son jeu de scène habituel, qui, dans son accoutrement était totalement hilarant.
Dès qu'ils se sont mis à jouer des chansons du précédent album ça a décoincé le public, et le public de Ghinzu est un des plus sauvages d'Europe, il faut le savoir. Do you read me était la claque habituelle, Dragster Wave et Mine superbes, mais c'est un lieu commun. Les nouvelles chansons sonnent vraiment bien, mais bon dieu... ALTERNEZ CETTE SET-LIST.
Au final ça reste du très haut niveau, et je me tâte d'aller au rock dans tous ses états juste à cause de ça. Parce que sinon il faudra attendre un Zénith à Paris le 30 octobre. Une chose cependant : je me languis du mégaphone. Et j'aurais préféré que John braque ses yeux dans les miens sur 'Til you faint (pas jouée). Mais je suis un peu gourmande.
Etienne de Crécy propose un show carré, un visuel à la Justice mais en beaaaucoup plus classe. J'ai du mal à adhérer à l'électro un peu trop déshumanisée cependant, mais c'est personnel. Rien à reprocher au monsieur.
Yuksek est beau, Yuksek est blond, Yuksek est français.
Oui :
Et je ne peux qu'agréer avec Tsugi en le mettant dans le même sac que le petit Surkin (qu'il est tout petit, qu'il est tout mignon, qu'il est tout jeunot, qu'il est... ok on a compris)
[Ces deux-là ont l'avenir du French électro entre leurs mains, et je suis plutôt confiante.]
C'était bien, mais je commençais à être sérieusement crevée, je solicite donc un second round avec le garçon. Ailleurs. Anywhere.
Je me suis littéralement endormie devant Birdy Nam Nam d'1) parce qu'ils ont mis 10 plombes à régler des problèmes techniques, de 2) parce que je les avais déjà vu et que ça craignait du boudin méchant dans le statique et la froideur scénique.
Néanmoins, il paraît que c'était vachement bien cette fois ci, et j'ai bien perçu le côté hypnoextatique, même si j'ai plongé.
Le dernier set était prodigué par Digitalism, des Allemands qui mixent comme des Français et qui aimeraient bien conquérir l'Angleterre, à ce que j'ai compris. Ils ont réussi le coup de force de me réveiller 4-5 fois à 5h du mat', les fiéfés filoux ont programmé du Mgmt, du Blur, du Daft Punk et plein d'autres choses qui ont tendance à me faire frémir l'oreille.
C'était gentil comme conclusion, ça ramait un peu dans les enchainements, mais bon, il était tard.
Conclusion : Ca valait le coup. Ca valait le coût (28€ la nuit). A refaire. Mais sans nuit blanche la veille.




