Ca a commencé par une bonne surprise : l'organisation est tip top, à part la pluie, et le fait que Bourges ce soit vachement en province quand même, je n'ai rien à reprocher à ce festival (trop peu de toilettes, mais bon, lieu commun quoi, et pas de vestiaire, mais en même temps, je les voyais mal gérer ça, gros, gros bordel en perspective).

La soirée Rock&Beat c'était comme son nom l'indique un mélange de rock & d'électro, et la programmation était assez béton.

Deux salles à occuper : Le Phénix et le Palais d'Auron, mais votre envoyée spéciale ne fréquentera que la première, et pas seulement à cause de son nom chatoyant, aussi à cause du fait qu'on a jamais trouvé la seconde.

Non non c'est pas la lose internationale.

En même temps seule la prog' du Phénix m'intéressait.

Ca a commencé à 20h pile, ce qui est plutôt agréable, par Izia, une jeune chanteuse rock que je découvrais pour l'occasion. Jolie énergie, parfaite entrée en matière, un son qui tue qui laisse présager une belle nuit de concerts.

Puis levage de fesses des gradins (oui, j'avais un peu envie de me croire dans un stade et d'étonner "you'll never walk alone", mais je pense que l'assistance ne me l'aurait pas pardonné), pour Sporto Kantes, découverte également, même si je connaissais Whistle (comme tout le monde) et qu'ils sont loin d'être des petits nouveaux... et ça se sent !

C'est hyper bien rodé pour un groupe français, carré, les passages entre chansons françaises et anglaises ne choquent même pas, et petit plus, très très très bon clavier. Enfin j'dis ça, j'dis rien.

Puis les Ting Tings, ma déception de la soirée. Ca n'a pas mis le feu, en tout cas pas autant que ça aurait pu, c'était sans doute un peu trop lisse et calibré, mais c'est un peu le produit qu'ils proposent, malgré tout moment assez sympa, les chansons se laissent écouter sans marquer irrémédiablement l'oreille, mais est-ce vraiment ce qu'on attend d'eux ?

Puis, je me suis préparée, je suis dans les starting-block, et je couuuuuurre jusqu'au premier rang agripper la barrière et me préparer pour "l'homme qui murmure à l'oreille de mon ovaire gauche", càd John "grrrrrr" Stargasm et ses potes de Ghinzu.

Après une attente insoluble (première et quasi dernière de la soirée), le monsieur daigne se pointer, met dix plombes à s'installer, et commence en mode pépère. Si Mother Allegra sonne très bien dans le chapiteau, on aurait aimé un départ en flamme : au lieu de ça, ils accumulent les instrumentaux (LE truc sur lequel il vaut mieux pas insister en début de concert quand t'as que 40 minutes devant toi), très petite forme.
Et puis le monsieur se lève, et ça change tout, j'ai envie de dire.
Une fois ses fesses décollées du clavier il se les fait allègrement tripoter par un roadie barbu, fou rire dans le micro mais je pense que les premiers rangs sont les seuls à avoir pu remarquer ce qui se passe.

Son pantalon de scène est complètement déchiré et rapiécé à l'arrache avec du gros scotch noir, or ça a lâché au niveau des fesses, et au bout d'un moment il oubliera sa fierté et sortira son jeu de scène habituel, qui, dans son accoutrement était totalement hilarant.

Dès qu'ils se sont mis à jouer des chansons du précédent album ça a décoincé le public, et le public de Ghinzu est un des plus sauvages d'Europe, il faut le savoir. Do you read me était la claque habituelle, Dragster Wave et Mine superbes, mais c'est un lieu commun. Les nouvelles chansons sonnent vraiment bien, mais bon dieu... ALTERNEZ CETTE SET-LIST.

Au final ça reste du très haut niveau, et je me tâte d'aller au rock dans tous ses états juste à cause de ça. Parce que sinon il faudra attendre un Zénith à Paris le 30 octobre. Une chose cependant : je me languis du mégaphone. Et j'aurais préféré que John braque ses yeux dans les miens sur 'Til you faint (pas jouée). Mais je suis un peu gourmande.

Etienne de Crécy propose un show carré, un visuel à la Justice mais en beaaaucoup plus classe. J'ai du mal à adhérer à l'électro un peu trop déshumanisée cependant, mais c'est personnel. Rien à reprocher au monsieur.

Yuksek est beau, Yuksek est blond, Yuksek est français.

Oui :

yuksek1

Et je ne peux qu'agréer avec Tsugi en le mettant dans le même sac que le petit Surkin (qu'il est tout petit, qu'il est tout mignon, qu'il est tout jeunot, qu'il est... ok on a compris)

ts15_couv

[Ces deux-là ont l'avenir du French électro entre leurs mains, et je suis plutôt confiante.]

C'était bien, mais je commençais à être sérieusement crevée, je solicite donc un second round avec le garçon. Ailleurs. Anywhere.

Je me suis littéralement endormie devant Birdy Nam Nam d'1) parce qu'ils ont mis 10 plombes à régler des problèmes techniques, de 2) parce que je les avais déjà vu et que ça craignait du boudin méchant dans le statique et la froideur scénique.

Néanmoins, il paraît que c'était vachement bien cette fois ci, et j'ai bien perçu le côté hypnoextatique, même si j'ai plongé.

Le dernier set était prodigué par Digitalism, des Allemands qui mixent comme des Français et qui aimeraient bien conquérir l'Angleterre, à ce que j'ai compris. Ils ont réussi le coup de force de me réveiller 4-5 fois à 5h du mat', les fiéfés filoux ont programmé du Mgmt, du Blur, du Daft Punk et plein d'autres choses qui ont tendance à me faire frémir l'oreille.

C'était gentil comme conclusion, ça ramait un peu dans les enchainements, mais bon, il était tard.

Conclusion : Ca valait le coup. Ca valait le coût (28€ la nuit). A refaire. Mais sans nuit blanche la veille.