J'y étais.

Et comme j'étais très bien assise je peux vous témoigner sans forcer le trait : c'était gigantesque.

Gigantesque parce que 95 000 personnes,

Parce que Stade de France,

Parce que scène circulaire et installation de 50 mètres de haut,

Parce que U2.

Rien que d'accéder aux gradins est un spectacle en soi, et puis, lorsque la musique d'attente s'élève, on est loin de Cleyderman, puisque les titres rocks s'alignent, croissant dans leur qualité et leur légende pour finir en apogée par un Space Oddity grandiose reprit par tous.

Puis Kaiser Chiefs viendra mettre le feu en première partie, je suis bien contente de les retrouver avec un meilleur son que lors du dernier concert (au Rock dans tous ses états il y a quatre ans maintenant je crois). C'est énergique et parfait pour lancer le ton de la soirée. Je jubile devant Angry Mob, Everyday I love you less & less et surtout I predict a riot. Le chanteur est joueur et défie la sécurité pour s'évader dans le public, on a vraiment l'impression d'être en petit comité tout d'un coup.

Et puis comme si de rien n'était, Bono s'avance, suivi de près par le reste du groupe et tout le monde se lève. Comme pour la messe.

Les titres du dernier album s'enchaînent et le temps de s'habituer à la pléthore d'effets spéciaux et au grand écran à 360° on arrive déjà aux cultes "Still haven't find what I'm looking for", "City of Blinding Lights" et un "Sunday Bloody Sunday" un peu essouflé qui a surtout tenu grâce au public s'époumonant qu'au chanteur époumoné.

Mais sa voix tient bien le reste du temps et s'engouffre dans toutes les oreilles réunies avec une puissance d'home cinéma.

Le seul reproche que j'aurais à faire au show ce serait le trop plein de prechage : la messe oui mais le sermon plus light la prochaine fois.

Entre le soutien aux iraniens, à Aung San Suu Kyi et le message de Desmond Tutu faisant de la pub à One l'organisme créé par Bono... On commence à se demander si on est à un congrès pacifiste ou à un concert de Rock...

Heureusement les irlandais ont le goût de la démesure et l'air de rien voici le stade connecté en direct avec la Station Spatiale Internationale et ses 6 habitants pour un petit échange de banalités sous les yeux ébahis de nous tous.

Petit regret quant au rappel bien court sur deux chansons (mais bon With or Without You quoi...) et grosse GROSSE satisfaction d'avoir assisté à cela une fois dans ma vie.

Une groupe de légende, un spectacle à sa taille.

Et dans ma tête l'image de l'extinction totale des lumières et de million d'étoiles sous forme de rétroéclairage de téléphones dans l'enceinte du stade, seule dans la voie lactée, une toute autre voix dans les oreilles, mais toute aussi universelle...